20/12/2008

ONU: les droits humains sont pour tout le monde

VOIR AUSSI LE COMMUNIQUE DE PRESSE DE PINK CROSS ET LOS = ARTICLE PRECEDENT

 

Les principes de la Déclaration universelle des Droits de l'homme sont valables pour chaque être humain, indépendamment de son orientation et de son identité sexuelle. Lors de l'assemblée générale de l'ONU, le 18 décembre 2008, 66 nations ont soutenu une déclaration (statement) allant dans ce sens. C'est la première fois que l'assemblée plénière de l'ONU avait à se prononcer sur une déclaration relative aux abus juridiques à l'encontre de personnes homo-, bi-, trans- et intersexuelles. La déclaration était soutenue par des Etats des cinq continents, y compris six pays africains. Initié par la France, il a été déposé par l'Argentine, tandis que la recherche des signatures a été coordonnée par un groupe suprarégional parmi lesquels le Brésil, la Croatie, la France, le Gabon, le Japon, les Pays-Bas, et la Norvège.

Une réalité dans tous les pays du monde
Les 66 Etats ont renforcé "Le principe de non-discrimination qui exige que les droits humains aient la même validité pour chaque être humain, indépendamment de son orientation ou de son identité sexuelle." Ils se sont déclarés profondément inquiets face aux atteintes aux droits humains et aux libertés fondamentales en rapport avec l'orientation et l'identité sexuelle. Ils constatent que "la violence, les tracasseries, la discrimination, l'exclusion, la stigmatisation et les préjugés fondées sur l'orientation et l'identité sexuelle" sont une réalité "dans tous les pays du monde".

La déclaration condamne les meurtres, la torture, la privation de liberté arbitraire et "la privation des droits économiques, sociaux, sociaux et culturels, y compris le droit à la santé". Les Etats signataires demandent à toutes les nations de "promouvoir et protéger les droits humains de toutes les personnes indépendamment de leur orientation et de leur identité sexuelle et d'abolir les châtiments fondés sur l'orientation et l'identité sexuelle."

Selon les estimations de l'ILGA, l'homosexualité est passible de sanctions pénales dans 72 pays. Dans la majorité de ces Etats, ce serait un héritage du colonialisme.
http://www.hrw.org/en/reports/2008/12/17/alien-legacy-0  


Contre-initiative des Etats islamiques
Les pays signataires ont rencontré l'opposition farouche d'un groupe de gouvernements qui essaient régulièrement de bloquer les initiatives de l'ONU qui thématisent les atteintes aux droits humains en relation avec l'orientation et l'identité sexuelle. Le contre-texte, qui émanait de la Conférence Islamique, a été signé par 60 Etats. Le texte reconnaît les principes de non-discrimination et d'égalité, mais exclut qu'on y mentionne "certaines personnes".

Revirement du Vatican
Le Vatican a lui aussi exprimé une forte opposition au statement, ce qui lui a valu de vives critiques de la part des organisations des droits humain du monde entier. Or le Vatican a effectué un virage à 180° et a appelé à dépénaliser le mode de vie homosexuel partout dans le monde.

Les Etats signataires sont

Albanie, Andorre, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Belgique, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Brésil, Bulgarie, Canada, Cap Vert, République d'Afrique centrale, Chili, Colombie, Croatie, Chypre, Tchéquie, Danemark, Equateur, Estonie, Finlande, France, Gabon, Géorgie, Allemagne, Grèce, Guinée-Bissau, Hongrie, Islande, Irlande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Ile Maurice, Mexique, Montenégro, Népal, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Paraguay, Pologne, Portugal, Roumanie, Saint Marin, Sao Tome and Principe, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Macédoine, Timor-Est, Grande-Bretagne, Uruguay et Venezuela.(Source: Human Rights Watch, Adaptation: PINK CROSS)