28/04/2011

Evénements d'ordre hétérographique

 

 

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Communiqué de Hétérographe

Revue des homolittératures ou pas:

 

Le nouveau numéro d’Hétérographe arrive avec les lapins de Pâques : il sera présenté à travers deux rencontres:

 

  • le 30 avril par une soirée de lectures (19h30, Espace Dialogai, 11 rue de la Navigation, Genève) et

  • le 1er mai avec un apéro convivial (13h, Stand « Le social en lecture », Palexpo).

 

A cette occasion, nous accueillerons à Genève deux des auteurs de cette cinquième livraison – Gilles Sebhan et Alban Lefranc –, ainsi que le plasticien genevois Diego Sanchez, qui présentera son travail photographique sur les traces de Leni Rifenstahl.

 


 

Ce numéro est spécialement riche en découvertes: des Caraïbes colombiennes (Rómulo Bustos Aguirre) à la Russie des année trente (Leonid Dobytchine), en passant par la Croatie (Dubravko Pusek) et les États-Unis (J.R.Robillard) et bien évidemment par la France (Gilles Sebhan, Alban Lefranc, Laurent Herrou), « Hétérographe » propose des voix singulières et corsées, avec une attention particulière à la marge et à l’inattendu.

 

Deux entretiens importants enrichissent cette livraison : avec l’auteur américain culte Dennis Cooper et avec la décoiffante juriste franco-argentine Marcela Iacub; tandis que les articles de Gianni Haver, Edward Burns et Fernando Carvajal Sánchez s’intéressent à la construction du « corps sportif », à Gertrude Stein et Alice Toklas, et à un cas de médiation réussie entre un groupe de jeunes et une transsexuelle

 

www.heterographe.com

12/04/2011

Succès de la Conférence nationale sur les familles-arc-en-ciel

C’est samedi 9 avril que la Conférence nationale sur les familles arc-en-ciel a eu lieu au Kornhausforum de Berne. La situation actuelle des familles arc-en-ciel en Suisse a été présentée au moyen de débats, d’exposés et de témoignages. La revendication principale de l’association nationale Familles arc-en-ciel est le droit à l’adoption pour les couples homosexuels. Or, les personnalités politiques invitées estiment que l’interdiction d’adopter, inscrite dans la loi sur le partenariat enregistré, sera supprimée au plus tôt en 2016.

 

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La salle était comble : plus de 200 personnes se sont rendues samedi au Kornhausforum de Berne. « Nous sommes surpris et heureux de voir à quel point notre association et nos revendications suscitent de l’intérêt », a déclaré Maria von Känel Scheibling, vice-présidente de l’association faîtière Familles arc-en-ciel. Des spécialistes en psychologie, en sociologie et en droit ont présenté l’état actuel des recherches en matière de familles arc-en-ciel. Ce terme s’applique aux familles dans lesquelles un parent, au moins, se reconnaît comme homosexuel, bisexuel ou transsexuel.

Le docteur Lisa Green de Constance a commenté des études réalisées auprès de « familles lesbiennes planifiées » (par opposition au cas de figure où les enfants seraient issus de relations hétérosexuelles antérieures). Toutes mènent au constat que les mères lesbiennes ne sont ni pires ni meilleures que les mères hétérosexuelles. De la même façon, il a été observé que les enfants de familles arc-en-ciel ne se font pas plus embêter par leurs camarades et ne « deviennent pas plus homosexuels » que les autres enfants. Ils se portent tout aussi bien qu’eux. « Ce n’est pas l’orientation sexuelle des parents qui est importante, mais le climat dans lequel les enfants grandissent », explique Lisa Green. Il n’y a ainsi aucune raison d’interdire aux lesbiennes l’accès à la procréation médicalement assistée et à l’adoption, ce qui est pourtant le cas aujourd’hui en Suisse.

De son côté, le docteur Heidi Simoni, directrice de l’institut Marie Meierhofer de Zurich, insiste sur le fait que la qualité de la relation entre l’enfant et la personne qui l’élève est déterminante pour le bon développement de ce premier. « Etre un bon parent n’a aucun lien avec le sexe ou l’orientation sexuelle », dit-elle en se demandant si l’idéalisation du schéma familial «papa, maman et les enfants» était bien fondée.

Un moment fort de la conférence a été la discussion avec trois jeunes adultes ayant grandi dans des familles arc-en-ciel. Les invités ont parlé de façon très positive de leur expérience. Leur optimisme était très touchant et encourageant

Le pédagogue Christian Gertsch s’est ensuite exprimé en tant que père homosexuel. Il encourage ces pères, très nombreux selon lui, à sortir de l’ombre : « Ce n’est que si nous nous affirmons que la législation pourra évoluer. »

Se montrer et soutenir les intérêts des familles arc-en-ciel auprès des parlementaires est d’ailleurs la stratégie la plus prometteuse, selon les invités de la table ronde politique. « Vous devez vous montrer pour que vos enfants puissent exister », a déclaré Katharina Prelicz-Huber (Verts). En ce moment, deux motions sont en suspens au Conseil national. La première, déposée précisément par Mme Prelicz-Huber, vise à supprimer l’interdiction d’adopter pour les couples liés par un partenariat fédéral. La seconde, de Mario Fehr (PS), soutient l’adoption de l’enfant du partenaire uniquement. Les invités estiment que ces interdictions seront supprimées au plus tôt en 2016. L’association faîtière organise une journée d’action le 7 mai sur la Place fédérale.

COMMUNIQUE DE L'ASSOCIATION FAITIERE FAMILLES ARC-EN-CIEL

Berne, 10 avril 2011

 


07/04/2011

Protection générale contre la discrimination

En Suisse, il existe une norme pénale contre la discrimination raciste. Les homosexuel-le-s, en revanche, ne peuvent pas porter plainte contre la discrimination . La Suisse n’a pas de loi générale contre la discrimination. Il est urgent d’agir.

 

La Commission fédérale contre le racisme demande, en s’appuyant sur une étude, une meilleure protection des immigrant-e-s contre la discrimination. Cela n’est pas suffisant, estiment PINK CROSS et LOS, les organisations faîtières des gais et des lesbiennes en Suisse. Ce dont on a cruellement besoin, c’est d’une loi antidiscriminatoire générale, qui protège contre les discriminations de toutes sortes.

Parfois, la discrimination des gais et des lesbiennes se fait discrète: pendant le déjeuner sur le lieu de travail, quelqu’un demandera à la cantonnade si telle ou telle collègue absente n’est pas mariée ou si elle n’a pas d’ami. La manière dont la question sera posée est révélatrice: « Une personne qui occupe une fonction aussi importante - comment est-ce possible ? » Ou, prenons le cas d’une personne encore plus en vue, comme Guido Westerwelle. A en croire ce qui est rapporté par les médias à son sujet, il va de soi que personne n’aborde le sujet de son homosexualité. Mais on devine qu’elle fait problème. Quand son ami l’accompagne à l’étranger, on soupçonne aussitôt des intérêts financiers. Lorsqu’un ministre est accompagné de sa femme, personne ne soulèvera un problème cet ordre.

Les femmes se battent avec acharnement depuis des années pour leurs droits. Lorsque les lesbiennes et les gais veulent faire quelque chose contre la discrimination, on n’en trouve aucun écho dans la presse dominicale. Une loi antidiscriminatoire globale pourrait représenter une étape importante. A partir du moment où des employeurs doivent compter avec le fait que leur responsabilité sera engagée s’ils refusent d’engager des gais ou s’ils font obstacle à leur carrière professionnelle, un signal est donné. Lorsque l’insulte ne passera plus aussi facilement « sale pédé », la société aura fait un progrès pas important dans sa réflexion sur son comportement à l’égard des minorités.

En Suisse, précisément, la protection contre la discrimination devrait trouver une oreille attentive. Depuis toujours, la Suisse a été obligée de chercher un équilibre acceptable entre les groupes linguistiques. Il devrait en aller de même dans d’autres domaines. Les handicapés ont obtenu que tous les bâtiments publics soient construits en conformité avec la loi sur les handicapés ou qu’ils soient transformés à grands frais. En quoi une société qui ferait droit aux gais et aux lesbiennes serait-elle impossible ?

COMMUNIQUE DE LOS ET PINK CROSS