12/04/2011

Succès de la Conférence nationale sur les familles-arc-en-ciel

C’est samedi 9 avril que la Conférence nationale sur les familles arc-en-ciel a eu lieu au Kornhausforum de Berne. La situation actuelle des familles arc-en-ciel en Suisse a été présentée au moyen de débats, d’exposés et de témoignages. La revendication principale de l’association nationale Familles arc-en-ciel est le droit à l’adoption pour les couples homosexuels. Or, les personnalités politiques invitées estiment que l’interdiction d’adopter, inscrite dans la loi sur le partenariat enregistré, sera supprimée au plus tôt en 2016.

 

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La salle était comble : plus de 200 personnes se sont rendues samedi au Kornhausforum de Berne. « Nous sommes surpris et heureux de voir à quel point notre association et nos revendications suscitent de l’intérêt », a déclaré Maria von Känel Scheibling, vice-présidente de l’association faîtière Familles arc-en-ciel. Des spécialistes en psychologie, en sociologie et en droit ont présenté l’état actuel des recherches en matière de familles arc-en-ciel. Ce terme s’applique aux familles dans lesquelles un parent, au moins, se reconnaît comme homosexuel, bisexuel ou transsexuel.

Le docteur Lisa Green de Constance a commenté des études réalisées auprès de « familles lesbiennes planifiées » (par opposition au cas de figure où les enfants seraient issus de relations hétérosexuelles antérieures). Toutes mènent au constat que les mères lesbiennes ne sont ni pires ni meilleures que les mères hétérosexuelles. De la même façon, il a été observé que les enfants de familles arc-en-ciel ne se font pas plus embêter par leurs camarades et ne « deviennent pas plus homosexuels » que les autres enfants. Ils se portent tout aussi bien qu’eux. « Ce n’est pas l’orientation sexuelle des parents qui est importante, mais le climat dans lequel les enfants grandissent », explique Lisa Green. Il n’y a ainsi aucune raison d’interdire aux lesbiennes l’accès à la procréation médicalement assistée et à l’adoption, ce qui est pourtant le cas aujourd’hui en Suisse.

De son côté, le docteur Heidi Simoni, directrice de l’institut Marie Meierhofer de Zurich, insiste sur le fait que la qualité de la relation entre l’enfant et la personne qui l’élève est déterminante pour le bon développement de ce premier. « Etre un bon parent n’a aucun lien avec le sexe ou l’orientation sexuelle », dit-elle en se demandant si l’idéalisation du schéma familial «papa, maman et les enfants» était bien fondée.

Un moment fort de la conférence a été la discussion avec trois jeunes adultes ayant grandi dans des familles arc-en-ciel. Les invités ont parlé de façon très positive de leur expérience. Leur optimisme était très touchant et encourageant

Le pédagogue Christian Gertsch s’est ensuite exprimé en tant que père homosexuel. Il encourage ces pères, très nombreux selon lui, à sortir de l’ombre : « Ce n’est que si nous nous affirmons que la législation pourra évoluer. »

Se montrer et soutenir les intérêts des familles arc-en-ciel auprès des parlementaires est d’ailleurs la stratégie la plus prometteuse, selon les invités de la table ronde politique. « Vous devez vous montrer pour que vos enfants puissent exister », a déclaré Katharina Prelicz-Huber (Verts). En ce moment, deux motions sont en suspens au Conseil national. La première, déposée précisément par Mme Prelicz-Huber, vise à supprimer l’interdiction d’adopter pour les couples liés par un partenariat fédéral. La seconde, de Mario Fehr (PS), soutient l’adoption de l’enfant du partenaire uniquement. Les invités estiment que ces interdictions seront supprimées au plus tôt en 2016. L’association faîtière organise une journée d’action le 7 mai sur la Place fédérale.

COMMUNIQUE DE L'ASSOCIATION FAITIERE FAMILLES ARC-EN-CIEL

Berne, 10 avril 2011

 


Commentaires

La lutte pour l'adoption par les couples homosexuels sera difficile en Suisse; le pays n'étant pas très avancé en matière de lutte contre les discriminations.

N'importe quel observateur du monde social sait cependant qu'il ne s'agit que d'une question de temps avant que l'égalité pour les minorités sexuelles ne soit obtenue. On peut d'ores et déjà compter sur les partis de gauche comme groupe de soutien. Il ne sera pas difficile de convaincre l'aile libérale (le vrai libéralisme) du PLR, les jeunesses et les femmes de divers partis de sensibilité de droite. Le plus difficile : lutter contre le PDC et l'UDC.

Écrit par : Mike | 12/04/2011

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