29/04/2010

Communiqué de PINK CROSS et LOS

Recours au Tribunal fédéral contre la Décision du Tribunal Cantonal valaisan du 29 mars 2010

Le 15 juillet 2009 et après, 42 personnes représentant toutes les associations LGBT romandes et faîtières ou nationales déposaient plaintes pénales contre les propos homophobes publiés le 17 mai et le 3 juin 2009 par la direction des Jeunes UDC du Valais romand et constamment revendiqués depuis, jusque dans leur dernier communiqué du 30 mars 2010.

Ces plaintes sont notamment motivées par les nombreuses attaques, toujours plus violentes, que les plaignants et les plaignantes ont eu à subir de la part des personnes mises en cause.

Pour mémoire, les personnes qui ont engagé cette action en justice ont été présentées régulièrement sur Internet en des termes particulièrement choquants, qui constituent des discriminations massives et systématiques à l’encontre des personnes homosexuelles. Les plaignant-e-s y sont en effet montré-e-s comme une « milice multicolore », ou encore « fer(e) de lance des associations d’emplumés déviants du Valais », « tatas », « folles revendiquantes », « folles furieuses », « Lobby inverti comme prêcheur (…) amoindrissant », « premier pleurnichard venu », « la milice pédoncule » ou les « tarlouzes ».

Dans l’optique des auteurs de ces propos, « la milice pédoncule » ne sert qu’à « punir pénalement ceux qui n’ont pas envie de se laisser enc… ».

Les « pédoncules » dans le vocable retenu, ou également « tarlouzes », sont présentés comme des « malades psychiatriques », victimes de « déviance maladive (…) obligé[s] d’étaler aux yeux de tous [leurs] abominations », comme des « détraqué[s] criant haut et fort sur tous les toits qu’il[s] aime[ent] trafiquer les boites à outils semblables à la votre (sic) ».

C’est donc là le sens du mot « déviant » systématiquement utilisé dans les communiqués de presse et autres interventions publiques des Jeunes UDC du Valais romand.

Les plaintes déposées relèvent aussi, selon les personnes mises en causes, de « pratiques gestapistes » du « lobby khmer rose » et sont destinées à détruire la liberté d’expression. La référence à la GESTAPO, venant après des propos illustrés par la couverture de Mein Kampf, est spécialement ignominieuse lorsque l’on se souvient que la GESTAPO a été reconnue comme organisation criminelle à Nuremberg et a pratiqué la torture systématique et la déportation de dizaines de milliers de personnes homosexuelles.

Tous les propos visant les plaignants et les plaignantes cherchent à montrer que les personnes homosexuelles n’ont pas la qualité d’êtres humains et que l’on peut en conséquence impunément en faire l’objet d’une très violente discrimination.

Du point de vue de PINK CROSS et LOS, l’on ne saurait tolérer que l’exercice par les plaignants et les plaignantes de leur droit fondamental à la protection de leur honneur et à n’être exposé-e à aucune forme de discrimination soit qualifié en ces termes. L’absence d’incrimination de l’homophobie en tant que telle dans le droit pénal suisse n’est pas un obstacle à l’action des plaignant-e-s, qui estiment pouvoir au moins bénéficier de la protection générale du droit pénal en matière d’atteintes à l’honneur et de protection du groupe que les personnes homosexuelles forment en tant que telles dans la société.

Dans sa décision du 29 mars 2010, le Tribunal Cantonal valaisan confirmait l’irrecevabilité des plaintes. Les plaignants et les plaignantes ont aujourd’hui porté l’affaire au Tribunal fédéral par un recours en matière pénale, invoquant douze griefs de violation du droit fédéral et du droit international, portant sur les articles 3 à 8, 30 à 33, 97 et 98, 173 et ss et 261bis CP, les articles 8 alinéa 2 Cst. fédérale et 14 CEDH, qui interdisent toute forme de discrimination, les articles 7 Cst. fédérale et 8 §1 CEDH, qui garantissent le droit au respect de la vie privée et de la dignité humaine, l’article 29 Cst. fédérale, qui garantit aux plaignant-e-s le droit à ce que leur cause soit traitée équitablement et dans un délai raisonnable, les articles 29a Cst. fédérale et 13 CEDH, car en refusant aux plaignant-e-s le droit de porter plainte, on les prive d’un recours effectif et d’un accès au juge.

COMMUNIQUE DE PRESSE DE PINK CROSS ET LOS

15/04/2010

La Fédération genevoise des associations LGBT genevoises condamne les propos du Cardinal Bertone

Communiqué de la Fédération genevoise des associations LGBT

Lien entre pédophilie et homosexualité: le Vatican stigmatise les homosexuel-le-s.La Fédération genevoise des associations LGBT condamne les propos du Cardinal Bertone et appelle la communauté suisse et internationale à la réaction. Alors que des affaires de pédophilie secouent l'Église catholique aux plus hauts niveaux de sa hiérarchie, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Vatican, vient d’établir un lien inacceptable entre pédophilie et homosexualité.

En visite au Chili, le cardinal Bertone, a ainsi déclaré lundi 12 avril: « De nombreux psychiatres et psychologues ont démontré qu'il n'existe pas de relation entre le célibat et la pédophilie, mais beaucoup d'autres, et on me l'a dit récemment, ont démontré qu'il existait un lien entre l'homosexualité et la pédophilie. C'est la vérité, c'est le problème. » La Fédération genevoise des associations LGBT condamne de tels propos, à la fois infondés et provocateurs, qui font une nouvelle fois l’amalgame entre pédophilie et homosexualité. Contrairement à ce qu’affirme M. Bertone, l’homosexualité n’a aucun lien avéré avec la pédophile et, comme la majorité des hommes et des femmes sont hétérosexuel-le-s, la majorité des pédophiles le sont aussi et s’en prennent le plus souvent indifféremment aux filles et aux garçons. La pédophilie est une pathologie, pas l’homosexualité qui, depuis 1995, ne figure plus dans la liste des maladies mentales de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

En affirmant une nouvelle fois, par la bouche d’un de ses plus hauts représentants, l’idée obscurantiste, présentée éhontément comme une vérité scientifique, d’un lien entre homosexualité et pédophilie, l’Eglise catholique ne peut ignorer qu’elle incite à la haine contre les homosexuel-le-s du monde entier, particulièrement dans les pays où son influence est grande. Alors que le 17 mai prochain, la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie aura pour thème « Religions et homosexualité », la Fédération LGBT appelle athées, agnostiques et croyants, catholiques ou non, associations des droits de l'homme, syndicats et partis politiques, en Suisse et dans le monde, à faire connaître leur indignation suite à ces propos qui stigmatisent une nouvelle fois le s homosexuel-le-s.

Nous demandons également au Vatican le retrait de ces allégations mensongères et infamantes et des excuses officielles pour avoir établi cet amalgame indigne et avoir de ce fait incité à la haine envers les personnes homosexuelles.

Pour la Fédération genevoise des associations LGBT,Catherine Gaillard et Philippe Scandolera, co-président-e-s

11/04/2010

Vertiges de l'anti-amour (érophobie)

Tariq Ramadan me dit:

«Je ne suis pas d'accord avec ce que Tu fais, mais je Te respecte en tant que personne».

http://www.tdg.ch/ramadan-etats-unis-evoquer-liberte-expr...

En disant cela, il adopte la position des érophobes* de tous les temps et du monde entier. Mais Dieu que fais-je de mal qui suscite son désaccord - certes  poli et respectueux en l'espèce, heureusement pour mon intégrité? Comme beaucoup de mes fères et de mes soeurs en humanité, je vis dans ma chair et dans mon âme des élans, des sentiments, qui sont le propre de tous les humains, quel que soit le sexe auquel il s'adresse. Est-il besoin de rappeler - hélas il le faut encore de nos jours –  que je parle d'égal à égal, d'adulte consentant à adultre consentant? Aimer me serait permis, mais seulement sur un mode intellectuel, spirituel et platonique (ô ironie du terme quand on sait les moeurs grecques antiques)?

Reste qu'un certain Rabbi s'est mis en position fâcheuse pour ne  pas avoir voulu  s'imposer  par la force, allant jusqu'à réclamer  le pardon  -  mieux  qu'un moratoire - en faveur d'humains qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient, et a fortiori ce qu'ils disaient. Ne jetons donc pas la pierre, même si ça nous démange, à des humains  qui prétendent empêcher d'autres humains  d'aimer**. En la matière, ils n'en ont pas le pouvoir,  autrement dit sont, Dieu merci,  impuissants.

* Du grec Eros, l'amour qui peut être aussi bien physique, sentimental, intellectuel, spirituel, humain ou divin - ou même tout cela en même temps (yes it can)

** Je parle encore et toujours d'adultes libres consentants - il faut malheureusement le répéter (tout en se demandant ce qui rend  sourd à cette vérité-là)