11/04/2010

Vertiges de l'anti-amour (érophobie)

Tariq Ramadan me dit:

«Je ne suis pas d'accord avec ce que Tu fais, mais je Te respecte en tant que personne».

http://www.tdg.ch/ramadan-etats-unis-evoquer-liberte-expr...

En disant cela, il adopte la position des érophobes* de tous les temps et du monde entier. Mais Dieu que fais-je de mal qui suscite son désaccord - certes  poli et respectueux en l'espèce, heureusement pour mon intégrité? Comme beaucoup de mes fères et de mes soeurs en humanité, je vis dans ma chair et dans mon âme des élans, des sentiments, qui sont le propre de tous les humains, quel que soit le sexe auquel il s'adresse. Est-il besoin de rappeler - hélas il le faut encore de nos jours –  que je parle d'égal à égal, d'adulte consentant à adultre consentant? Aimer me serait permis, mais seulement sur un mode intellectuel, spirituel et platonique (ô ironie du terme quand on sait les moeurs grecques antiques)?

Reste qu'un certain Rabbi s'est mis en position fâcheuse pour ne  pas avoir voulu  s'imposer  par la force, allant jusqu'à réclamer  le pardon  -  mieux  qu'un moratoire - en faveur d'humains qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient, et a fortiori ce qu'ils disaient. Ne jetons donc pas la pierre, même si ça nous démange, à des humains  qui prétendent empêcher d'autres humains  d'aimer**. En la matière, ils n'en ont pas le pouvoir,  autrement dit sont, Dieu merci,  impuissants.

* Du grec Eros, l'amour qui peut être aussi bien physique, sentimental, intellectuel, spirituel, humain ou divin - ou même tout cela en même temps (yes it can)

** Je parle encore et toujours d'adultes libres consentants - il faut malheureusement le répéter (tout en se demandant ce qui rend  sourd à cette vérité-là)

Commentaires

Bonsoir,

Je dois vous éclairer sur une chose très importante dans le monde islamique : ni Ramadan (avec tout le respect que je lui dois), ni aucun imam, savant ou musulman croyant en Dieu se permettra de dire quelque chose allant à l'encontre de l'enseignement divin. A l'instar des autres religions, on y trouve les mêmes interdictions. Dieu nous interdit de faire certaines choses pour notre bien et nous a demandé de respect chaque être humain quel qu'il soit; nous pouvons ne pas être d'accord avec tel ou tel comportement, mais nous ne devons pas juger et condamner les gens pour ce qu'ils font de leur vie privée. Dieu seul détient le pouvoir de juger. Vous n'entendrez rien d'autre d'un croyant, qu'il soit juif, chrétien ou musulman, et encore une fois, Ramadan n'est qu'un être humain parmi d'autres, et pas un prophète.

Cordiales salutations.

Écrit par : zakia | 11/04/2010

Les islamistes dissimulés aiment à dire que l'homosexualité est un mal, mais qu'ils ne jugent ni ne punissent. Ils font comme si seules les sanctions divines entraient en ligne de compte. Il s'agit là de pure dissimulation. Voilà ce que l'Islam réserve aux homosexuel (le) s :

"Le Coran ne prévoit pas de sanction contre l'homosexualité masculine ou féminine même s'il la condamne fermement. Les récits de Mahomet la considèrent comme adultère. Les juristes musulmans se sont partagés sur sa qualification. Certains la qualifient d'adultère et préconisent la lapidation pour le coupable marié, et la flagellation pour le non marié. D'autres estiment que les rapports homosexuels n'entrent pas dans le délit d'adultère. La peine préconisée est de brûler le coupable par le feu, de détruire le mur de sa maison ou de le jeter d'un lieu élevé. ABU-HANIFAH PRECONISE l'EMPRISONNEMENT JUSQU'A LA MORT DU COUPABLE OU SON REPENTIR, ET S'IL EST HABITUE A DE TELLES PRATIQUES, LE GOUVERNEUR PEUT LE TUER. On rapporte aussi la mise à mort par le feu comme ce fut le cas de la peine infligée par Dieu aux gens de Sodomie. Certains juristes préconisent de jeter l'homosexuel, la tête en bas, du bâtiment le plus élevé de la localité et de le faire suivre par des pierres, à l'instar de la punition infligée par Dieu à Sodome."

Si j'ai mis en exergue le point de vue de Abu-Hanifah c'est parce qu'il est fondateur de l'une des écoles juridiques de l'islam sunnite, l'école hanafite, réputée modérée (sic).

Et il ne s'agit pas de théories, la répression de l'homosexualité est féroce dès que l'Islam est au pouvoir, ce de la Malaisie au Sénégal, en passant par l'Egypte.

Écrit par : CEDH | 11/04/2010

Mais on se fout complètement de ce que pense les Ramadan's brothers de l'homosexualité!

La majorité sexuelle des filles est de 8 ans aux Yemen et de 9 ans en Iran, et sur ça on ne les a pas entendu les frères je sais tout!

Écrit par : dominiquedegoumois | 12/04/2010

Bonsoir. La différence sexuelle a été sans doute plus difficile à accepter et à comprendre durant des millénaires et jusqu'à des jours très récents. Les êtres humains savaient alors d'instinct que pour perpétuer l'ethnie, la famille, l'homosexualité n'était vraiment pas un bon moyen d'y parvenir. Les pratiques sexuelles hors du cadre familial étaient alors considérées comme déviantes et dangereuses pour l'équilibre de la communauté et son évolution. Les prêtres y voyaient une sorte de sorcellerie agissant sur des âmes impures, dont le shabbat maléfique (le samedi à minuit) était la cérémonie la plus emprunte du démon. Que penser alors de nos fièvres du samedi soir? :) . Ce que les textes sacrés ne nous enseignent pas, c'est notre propension à la sexualité qui n'est pas saisonnière en fonction des naissances mais permanente et vouées d'abord au romantisme et au plaisir avant même la procréation. L'avènement de la pilule et des préservatifs à tout changer. Ayant beaucoup moins peur des grossesses indésirées et des maladies vénériennes, l'être humain moderne a développé une imagerie sexuelle et des fantasmes comme jamais auparavant. Ce qu'il nous faut aujourd'hui, c'est plus une recherche spirituelle responsable associée à nos actes sexuels que des ordres divins qui sont rigides et peu propices à nos libertés individuelles. Pouvoir expérimenter et commettre ses propres erreurs font partie intégrante de toute évolution humaine digne de ce nom.

Écrit par : pachakmac | 12/04/2010

1. Ne pas s'occuper de l'avis des Ramandans'brothers et consorts, c'est comme ne pas s'occuper de politque. Et je vous rappelle que si vous ne vous occupez pas de la politique, elle s'occupera de vous.


2. Selon Aldeeb, ancien responsable de la section de droit musulman et arabe de l'Institut suisse de droit comparé, dont on ne peut dire qu'il soit favorable au thèse des Ramadan's brothers :

"Au Yémen le mariage avec une mineure est valide, mais le mari ne peut avoir de rapports sexuels avec elle, et elle ne sera amenée chez lui que si elle est apte au coït, même si elle est âgée de plus de 15 ans. Le mariage d'un mineur ne peut être conclu que s'il est prouvé qu'il y a un intérêt (article 15)."

Source :

http://blogdesamialdeeb.blog.tdg.ch/archive/2009/10/12/le-coran-demande-de-voiler-la-tete-ou-le-sexe.html

Récemment, la situation semble évoluer :

"Celui-ci intervient alors qu'un projet de loi fixant l'âge minimum du mariage pour les femmes à 17 ans est examiné au Parlement, islamistes et conservateurs s'opposant à ce qu'il soit assorti de sanctions."

Source :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hlfTrlP5IgMimfHOo30sd2aNHE1A

Écrit par : CEDH | 12/04/2010

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