31/03/2010

Sur la décision du Tribunal Cantonal valaisan du 29mars 2010

Décision du Tribiunal Cantonal valaisan du 29 mars 2010. L'irrecevabilité des plaintes n'est que partielle, l'instrucion pénale continue.

Le 15 juillet 2009 et après, 42 personnes représentant toutes les associations LGBT romandes et faîtières ou nationales déposaient plaintes pénales contre les propos homophobes publiés le 17 mai et le 3 juin 2009 par la direction des Jeunes UDC du Valais romand et constamment revendiqués depuis, jusque dans leur dernier communiqué du 30 mars 2010. Ces plaintes sont notamment motivées par les nombreuses attaques, toujours plus violentes, que les plaignants ont eu à subir de la part des personnes mises en cause.

Pour mémoire, les plaignants ont été présentés régulièrement sur Internet en des termes particulièrement choquants, qui constituent des discriminations massives et systématiques à l’encontre des personnes homosexuelles. Les plaignants y sont en effet montrés comme une « milice multicolore », ou encore « fer(e) de lance des associations d’emplumés déviants du Valais », « tatas », « folles revendiquantes », « folles furieuses », « Lobby inverti comme prêcheur (…) amoindrissant », « premier pleurnichard venu », « la milice pédoncule » ou les « tarlouzes ».

Dans l’optique des auteurs de ces propos, « la milice pédoncule » ne sert qu’à « punir pénalement ceux qui n’ont pas envie de se laisser enc… ». Les « pédoncules » dans le vocable retenu, ou également « tarlouzes », sont présentés comme des « malades psychiatriques », victimes de « déviance maladive (…) obligé[s] d’étaler aux yeux de tous [leurs] abominations », comme des « détraqué[s] criant haut et fort sur tous les toits qu’il[s] aime[ent] trafiquer les boites à outils semblables à la votre (sic) ».

C’est donc là le sens du mot « déviant » systématiquement utilisé dans les communiqués de presse et autres interventions publiques des Jeunes UDC du Valais romand.

Les plaintes déposées relèvent aussi, selon les personnes mises en causes, de « pratiques gestapistes » du « lobby khmer rose » et sont destinées à détruire la liberté d’expression. La référence à la GESTAPO, venant après des propos illustrés par la couverture de Mein Kampf, est spécialement ignominieuse lorsque l’on se souvient que la GESTAPO a été reconnue comme organisation criminelle à Nuremberg et a pratiqué la torture systématique et la déportation de dizaines de milliers de personnes homosexuelles. Tous les propos visant les plaignants cherchent à montrer que les personnes homosexuelles n’ont pas la qualité d’êtres humains et que l’on peut en conséquence impunément en faire l’objet d’une très violente discrimination.

Du point de vue de PinkCross et LOS, l’on ne saurait tolérer que l’exercice par les plaignants de leur droit fondamental à la protection de leur honneur et à n’être exposé à aucune forme de discrimination soit qualifié en ces termes. L’absence d’incrimination de l’homophobie en tant que telle dans le droit pénal suisse n’est pas un obstacle à l’action des plaignants, qui estiment pouvoir au moins bénéficier de la protection générale du droit pénal en matière d’atteintes à l’honneur et de protection du groupe que les personnes homosexuelles forment en tant que telles dans la société.

Dans sa décision du 29 mars 2010, le Tribunal Cantonal valaisan confirme l’irrecevabilité des plaintes uniquement en ce qu’elles portent sur le communiqué des jeunes UDC du Valais romand du 17 mai 2009. Le tribunal considère que tous les autres éléments dénoncés par les plaignants demeurent l’objet d’une instruction pénale qui reste entre les mains du Juge d’instruction valaisan.

Par conséquent, l’essentiel des plaintes déposées est considéré comme recevable et les plaignants ont requis du Juge d’instruction qu’il poursuive effectivement les faits dénoncés afin d’établir les responsabilités de toutes les personnes mises en cause.

En tous les cas, la décision du Tribunal cantonal valaisan du 29 mars 2010 peut faire l’objet d’un recours au Tribunal fédéral. Les plaignants analysent l’opportunité d’un tel recours.

COMMUNIQUE DE PRESSE DE PINK CROSS ET LOS

21/03/2010

Chef d'un DIP, conseiller fédéral et homo? Chassez l'intrus!

Un ministre  de Département de l'Instruction Publique gai et sans enfants futur Conseiller fédéral? Ce qui  pour l'instant apparaît   impensable en Suisse romande  ne semble pas relever de la pure science politique fiction outre-Sarine. Si c'est le Matin qui le dit:

http://www.lematin.ch/actu/suisse/bernhard-pulver-besoin-enfants-comprendre-252510

09/03/2010

Que la main gauche ignore ce que fait la droite

Le monde a changé. Les amis et les ennemis des gais ne sont plus toujours ce qu’ils étaient: Le parti de la gauche de la gauche norvégienne (de l'alliance rouge-verte) a attribué un prix, le “Trollkjerring Prize”, à un politicien ouvertement homophobe, parce qu'il serait un modèle dans le combat contre les préjugés à l'encontre des minorités (religieuses). – Cf. ce billet du blog Harry’s place.

Tandis qu'en Hollande, le leader du parti populaire de droite se pose en défenseur des valeurs libérales qui valent aussi pour les gais, notamment leur droit à ne pas être agressés dans leur propre pays (ou exécutés ailleurs). – Cf. son blog

On n'en est pas là en Suisse, mais faisons quand même preuve de vigilance, comme on disait à Genève dans les années 60.