15/08/2009

Jésus aurait-il pu être gai?

En y réfléchissant bien, le soussigné  a trouvé ou retrouvé pas moins de 14 arguments. Certains sont sérieux, d'autres moins, mais plus d'un devrait sauter aux yeux de toute personne qui se penche sans a priori sur la question:

  1. Il est question d'un disciple que Jésus aimait.
  2. La seule autre fois où il est dit de Jésus qu'il aime quelqu'un, c'est à propos du jeune homme riche dont il (Jésus) aurait bien aimé qu'il le suivît.
  3. Jésus était célibataire, ce qui était quasiment inconcevable à l'époque, à moins d'être eunuque
  4. Jésus a justement abordé le thème des eunuques: eunuques de naissance / rendus tels / ou par choix
  5. Jésus s'est entouré d'hommes
  6. Jésus a aussi eu pas mal de de femmes parmi ses disciples, ce qui était une première pour l'époque. Or qui d'autre que des gais ont beaucoup d'amies femmes?
  7. Et qui d'autres que des gais ont une meilleure copine (comme ce fut le cas avec une certaine Marie Madeleine)?

Les 7 autres  arguments peuvent être lus ici.

Commentaires

Haha ce bon vieux Pat Condell: Toujours le sens de l'humour bien aiguisé!... Pourquoi ne pas avoir listé tous les arguments, j'aime bien celui de la drag queen! @;-)

Écrit par : Carlitos de Unmauno | 15/08/2009

@ Carlitos: Je n'ai pas listé tous les arguments (qui ne sont pas tous du Pat Condell, certains ont infusé dans le cerveau de ton serviteur) à cause du dernier, le numéro 14, que je considère relever d'un autre niveau. C'est en effet en tant que en tant que théologien et croyant militant que je l'ai inséré, et non pas en tant que porte-parole de PinkCross, dont c'est quand même un blog officiel.

PinkCross est apolitique et non-confessionnel, ce qui veut dire que l'assoc' peut s'exprimer sur des thèmes religieux, à condition que ce soit sur des faits ou des interprétations de faits religieux, ou des interprétations d'interprétations de faits (cf notre ami et néanmoins frère Bénédict. Le point 14 ne rentre pas tout à fait dans ces catégories.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 15/08/2009

"Jésus aurait-il pu..." signifie qu'il ne l'était pas ! Dès lors je ne comprends pas bien l'intérêt de la question.

A mon avis, il fallait poser la question suivante : "Jésus était-il..." et ensuite, d'après les textes, vous en faites l'exégèse.

Bien cordialement.

Écrit par : Michel Sommer | 15/08/2009

Un peu d'histoire : Jésus était un Rabin, dont la particularité était d'offrir une sensibilité propre au Judaisme ! En tant qu'homme représentant une religion (le Judaisme étant la principale grande religion à cette époque avec le Boudhisme plus au nord) il est bien évident qu'il était entouré de femme et d'homme, d'ailleurs dans le la religion Juive mis à part la tendnace Juive Libérale seul les hommes se tenaient entre eux pour les questions religieuses, par contre la bonne parole et donnée en précepte de façon séparée, se qui explique notamment que Jésus s'entourait régulièrement de femmes à des fins de culte.

Écrit par : Livni | 15/08/2009

@ Michel Sommer et Livni: Vous avez mille fois raison. De Jésus avait aussi le sens de l'humour et de l'ironie (références néotestamentaires à disposition). Je suis même sûr qu'il aurait compris l'humour et l'esprit "camp", terme anglais intraduisible qui désigne une forme d'humour spécifiquement gai – Oscar Wilde en étant un bon représentant.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 15/08/2009

@ Jean-Paul Guisan

Question : Pour vous en tant que théologien chrétien d'obédience réformée qu'elles en seraient les conséquences si Jésus Christ eut été ce que l'article pourrait laisser supposer ?

Écrit par : Hypolithe | 16/08/2009

@ Hypolithe. Bonne question difficile à s'imaginer la situation. A l'époque, on ne raisonnait pas dans les mêmes catégories. Tout le monde était considéré comme hétéro – pour le grec, c'était une loi de la nature, pour le juif, c'était dans l'ordre de la Création. Il n'y avait donc pas d'homosexuels: il n'y avait que des gens qui, quand ils passaient éventuellement à l'acte, déviaient par rapport à leur nature. Donc, pour un observateur qui ne ne connaissait pas Jésus intimement, ça n'aurait rien changé. Dans les Evangiles canoniques, on ne dit pas explicitement s'il a aussi eu une disciple préférée, ni s'il avait voeu de chasteté. Donc pour nous, les spéculations pour savoir s'il a été hétéro ont aussi un degré d'incertitude.

En revanche, dans un évangile apocryphe attribué à Marie Madeleine, les disciples mâles sont jaloux de la préférence de Jésus pour Marie Madeine, préférence que Jésus revendique. (Certes, pour l'auteur, c'est à mettre sur un plan spirituel.) La réponse de Jésus est très savoureuse. En substance: "Ah, vous demandez pourquoi je la préfère? combien de temps devrai-je encore vous supporter, vous ?! C'est justement parce que vous êtes jaloux que je la préfère elle. "Revenons à votre question. S'il avait eu des inclinations, il n'aurait probablement pas pas passé à l'acte, car c'était inconcevable à l'époque. Mais célibat, qu'on peut induire du texte des quatre évangiles canoniques, aurait revêtu une autre signification à ses yeux et aux nôtres, comme le l'épithète unique du de "préféré" pour un disciple.

Du point de vu de son enseignement, je ne vois pas ce que cela aurait changé. Sa relation intime au Père, son amour envers les humains de Dieu , ses miracles auraient été les mêmes. Sa condamnation de l'hypocrisie acquerrait un surplus de signification. Idem quand il renonce leur sens au pur et à l'impur: pour Jésus, ce n'est pas l'attention à ce qui entre et et sort dans le corps (le ventre), mais ce qui sort du coeur. Bref, la prise en otage de la Torah qui est interprétée prise selon la lettre et non selon l'esprit. Même son avis sur l'indissolubilité ne change rien: Jésus met en évidence l'hypocrisie de ses interlocuteurs. Jésus leur que Moïse a consenti autorisé le divorce par réalisme, parce que les hommes (les mâles avant tout, à qui Jésus s'adresse) sont incapables de résister à leurs désirs, au détriment de l'épouse légitime. Ce qui revient à dire que Moïse a autorisé le divorce pour que ces femmes ne soient pas contraintes de rester toute vie prisonnières et dépendantes le restant de leur vie d'un mari qui ne les aime plus.

Encore une fois, je en pense pas que l'éventualité d'une orientation homosexuelle de Jésus aurait changé grand chose, cela donnerait simplement un autre accent, un autre poids à certains gestes ou paroles. Mais Jésus, subjectivement parlant, aurait pu ressentir sa singularité avec plus d'intensité. Et lors de son arrestation et de son agonie, le sentiment de trahison par ses amis et d'abandon par le Père auraient peut-être été encore plus intense (si c'est possible).

Il serait devenu tout proche de ceux et celles d'entre nous qui vivent l'exclusion, qui intériorisent la condamnation ambiante qu'ils perçoivent en se détruisant, en se faisant du mal.De même, pour nous, nous pourrions concevoir encore plus concrètement sa proximité et son accueil des petits, des pauvres, des prostituées et des parias d'entre les parias: ces juifs collabos, ces riches percepteurs d'impôts, honnis entre les honnis, qui pressuraient leurs concitoyens (et parmi eux, certainement les petits, les pauvres) en s'octroyant une marge exorbitante sur les montants exigés par l'occupant romain. Non, non, rien n'aurait changé. Si on se penche sur chaque récit de rencontre de Jésus, on se rend compte que l'affection, la compassion, la tendresse, ou la sévérité ne dépendent pas de l'orientation sexuelle. Ou bien?

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 16/08/2009

@ Jean-Paul Guisan

Le poids des mots…

Dans le premier paragraphe de votre réponse vous avez utilisé un mot qui me chiffonne profondément, je vous cite :
Il n'y avait donc pas d'homosexuels: il n'y avait que des gens qui, quand ils passaient éventuellement à l'acte, déviaient* par rapport à leur nature.

* terme utilisé au participe présent comme nom commun par le "petit Logean".

Je ne veux surtout pas vous chercher des poux car le sujet est trop important et votre réponse est un exemple de clarté et d’objectivité.

Alors ma question : n’y avaient-il pas un autre verbe pour désigner ce changement ?

Merci de votre réponse

Écrit par : Hypolithe | 16/08/2009

Il n'y a pas de quoi me chercher des poux à moi, mais à nos aimables et respectables prédécesseur-e-s frères et soeurs dans la foi: quand j'utilise le terme "dévier", c'est par rapport à LEURS conceptions, LEURS catégories. Pour eux/elles, tout le monde était créé "hétéro" (terme anachronique par rappprt à eux/elles). Donc, de leur point de vue, on n'avait pas une orientation homo (selon nos connaissances; depuis le grand Kinsey, on se situe sur une échelle allant de la la préférence à 100% pour un sexe à 100% pour l'autre sexe).

Navré que ma formulation n'ait pas été moins ambigüe.

Donc pour nous, les modernes, il n'est pas question de parler de "déviance" (utilisée aussi dans la rhétorique du 3ème Reich si je ne m'abuse) mais de variante minoritaire au sens arithmétique du terme.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 16/08/2009

Sauf que, pour les grecs et une bonne partie des romains
(surtout les patriciens, mais pas seulement eux)
la norme était d'avoir des rapports sexuels AVEC les deux sexes...

Écrit par : csny | 17/08/2009

Jésus n'était certainement pas un triste sire : en cela, sans doute, avait-il un caractère gai. Mais est-ce à dire, parce qu'il était entouré d'hommes qui recherchaient un père, qu'il était GAY ? L'orthographe est essentielle ici…

Écrit par : jmo | 18/08/2009

Je ne sais pas s'il aurait pu être, mais si cela avait été, c'est le top. Un gay qui dit croissez et multipliez, né d'une vierge fécondée par le saint esprit, avec un beau-père forcément cocu, qui marche sur les eaux, etc. ... On n'en verra plus un comme cela.

Écrit par : Victor Devaud | 20/08/2009

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