21/07/2009

Premières assises contre l'homophobie à Genève

En Suisse, malgré l’évolution des mentalités et du cadre législatif, de nombreux jeunes éprouvent encore aujourd’hui un réel mal-être quand ils découvrent et ont à assumer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Dans tous les domaines de la vie, ils ont encore à faire face à l’homophobie : violences verbales et physiques, mises à l’écart, mépris silencieux.etc.

Cette discrimination ordinaire a des conséquences néfastes sur leur vie socio-professionnelle et leur santé. Par exemple, des enquêtes montrent que les jeunes LGBT souffrent deux fois plus de dépression que la normale et ont 3 à 5 fois plus de risque de tenter de se suicider. L'homophobie et ses conséquences constituent donc un réel problème de santé publique.

Des professionnel∙le∙s démuni∙e∙s

Toute stratégie d'action visant à lutter contre le mal être des jeunes LGBT doit prévoir d’agir à deux niveaux.
Au niveau de la personne d'une part, en aidant les jeunes eux-mêmes à accepter leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, à renforcer leur confiance en eux-mêmes et leur capacité à réagir positivement face aux situations difficiles qu’ils ne manqueront pas de rencontrer.

Au niveau de l’environnement social d’une part, en travaillant à une meilleure acceptation de la diversité sexuelle par les familles, le milieu scolaire et la société dans son ensemble et en luttant de manière active et soutenue contre toute forme d’homophobie. Dans ce combat, tous les acteurs en contact avec des jeunes et qui ont à faire face au à leur questionnement sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre ainsi qu’au comportement homophobe se sentent souvent totalement démuni∙e∙s. Le manque d’outils pédagogiques et de ressources à disposition ainsi que la crainte que leurs actions soient mal interprétées les laissent souvent désarmé∙e∙s et les contraignent au silence et à l’inaction.

C’est pourquoi, la Fédération Genevoise des Associations LGBT, en partenariat avec l’État, la Ville de Genève et l’Unité interdisciplinaire d’Études genre de la Faculté des SES de l’Université de Genève, lance les premières Assises contre l'homophobie à Genève les 4 et 5 septembre prochains à Uni Mail. Ces deux journées seront l'occasion de réunir membres de la communauté LGBT, professionnelles de la jeunesse, de la police, de la justice, acteurs du milieu artistique, parents et jeunes eux-mêmes pour réfléchir ensemble aux moyens de combattre plus efficacement ces discriminations et d'apprendre à mieux vivre la diversité.

Premières Assises contre l'homophobie à Genève
4 & 5 septembre 2009, Uni Mail
Accès libre, inscription conseillée
Informations et programme complet sur www.federationlgbt-geneve.ch

D'après un article de Guillaume Mandicourt, Fédération Genevoise des Associations LGBT

16/07/2009

Les amibes contre-attaquent

Lors d’une conférence de presse hier mercredi 15 juillet à Sion, PINK CROSS et la LOS ont dévoilé la riposte juridique des associations LGBT aux injures des jeunes UDC valaisans le 17 mai dernier, journée internationale contre l’homophobie. Au total, ce sont 29 plaintes individuelles qui ont été déposées contre le communiqué qui présentait les relations de même sexe comme « un comportement déviant » menaçant la « survie d’une nation ». Ce texte injurieux était accompagné d’une affiche d’autant plus infâmante présentant la progression des droits LGBT comme une régression de l’humanité vers le singe.

Cette plainte pénale est un signal fort pour indiquer que nous ne tolérons pas de nous faire injurier ou discriminer. Au delà de l'insulte, le texte des jeunes UDC est un message extrêmement négatif pour des jeunes homosexuels ou en questionnement identitaire déjà fragilisés. En justifiant et banalisant l’homophobie, il favorise les réactions de haine et de rejet à l’encontre des personnes homosexuelles. Il est donc primordial de combattre le sentiment d’impunité qui autorise de tels agissements.

Extrait d'un article de Guillaume Mandicourt paru sur le site de Dialogai

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Les «amibes» contre-attaquent

Pas question de se laisser faire, après l’ultime provocation mise à feu il y a deux mois par les Jeunes UDC du Valais romand. Le groupe avait profité de la Journée mondiale contre l’homophobie, le 17 mai dernier, pour diffuser un communiqué de presse assorti d’un tract, faisant le parallèle entre l’homosexualité et une régression fantasmée de l’humanité vers... l’amibe. Les jeunes idéologues du parti, que l’on ne savait pourtant pas portés sur l’évolutionnisme, y invoquaient pieusement le «droit naturel et chrétien», tout en fustigeant la «banalisation de la déviance». Le manifeste avait été soutenu par la section cantonale du parti au nom de la liberté d’expression.

Pour 29 personnes, hommes et femmes originaires des différents cantons romands et représentants plusieurs des associations LGBT de la région, cette offensive ne doit pas rester sans réponse. «Profondément injuriées» par un texte qui «sape le combat pour que les jeunes gays et lesbiennes se sentent moins exclus de la société», elles ont ainsi décidé de déposer plainte auprès de l'Office des juges d'instruction du Bas Valais.

Par cette action pénale, les organisations faîtières gay et lesbienne Pink Cross et LOS, espèrent enfin voir étendre la loi antiraciste aux discriminations basées sur l'orientation sexuelle, un pas que la justice suisse ne s’est toujours pas décidée à franchir. Et ils ne cachent pas leur volonté de se battre jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme.

Précédent genevois
Une contre-offensive, qui n’est pas tout à fait une première. En 2007, l’UDC genevoise avait été la cible d’une autre action, après s’être illustrée par une campagne d’affiches qui qualifiait les homosexuels d'«inféconds et aisés», invitant les électeurs à rejeter une disposition fiscale bénéficiant aux couples de même sexe partenariés. Mais la plainte avait alors été classée. La justice genevoise avait notamment considéré que ce texte discutable s’inscrivait dans le cadre d’une campagne de votations. Pour l’avocat des plaignants, MePhilippe Currat, ce n’est pas le cas cette fois: la salve des Jeunes UDC a été lâchée en dehors de tout débat politique.

Article d'Arnaud Gallay paru sur le site de 360

04/07/2009

Le cauchemar rose

Lettre de lecteur parue dans le Nouvelliste du 29 juin 2009

Cher Monsieur Logean,

Je suis un gay qui lit votre prose avec amusement.

Si vous saviez combien, pour votre malheur, vous êtes loin de la vérité…

Nous sommes stériles? Aujourd hui les Suissesses lesbiennes sont numériquement en tête de listes d’attente des cliniques d’insémination hollandaises et espagnoles. Ajoutez les enfants d une précédente union ceux conçus entre gays et lesbiennes ou par mère porteuse et nous serons bientôt proportionnellement plus prolifiques que l’Helvète hétéro moyen.

L’avenir démographique de la Suisse assuré par les gouines, les pédés et les étrangers! Je vous laisse défaillir d’horreur…

Nous mettons en danger le mariage et la famille ? Tout le monde sait bien que ce sont les dix vingt partenariats enregistrés en Valais qui sont la cause des centaines de divorces prononcés annuellement dans le canton et que les innombrables salons de «massages» de la République sont fréquentés par les homos et non par les hommes mariés…

Nous sommes incapables d’éduquer sainement ? Tous les professionnel-le-s homosexuel-le-s de l enseignement et de l éducation rigolent doucement!

Je fus un employé de crèche à qui nombre de parents disaient «l’éducation c’est votre boulot, nous on n’a pas le temps… » Dont acte. Plein de petits déviants en perspective. Chic !...

Des Evangiles vous prétendez suivre le message d’amour. Nous ne devons pas lire les mêmes textes. Dans les miens, jamais Jésus ne rejette quiconque, surtout pas les minorités.

Je vous soupçonne de n’avoir gardé des Ecritures qu’une fâcheuse propension à dénicher la paille dans l’oeil du voisin. Votre intérêt pour ces brins légers ne m’étonne guère, cela donne un excellent engrais sur lequel, dit-on, poussent des roses, de ce joli rose si cher aux pédés.

Eh oui cher Monsieur Logean c’est dans le terreau de votre haine que nous puisons nos forces…

Alexandre Vogt