04/06/2009

Motion Jositsch refusée

Le Conseil national laisse les gais et les lesbiennes sans protection

En Suisse, les gais et les lesbiennes continueront d’être discriminés en toute impunité. Mercredi (3 juin), le Conseil national a refusé une motion du Conseiller national PS Daniel Jositsch (ZH) qui demandait une adaptation du Code Pénal.

Par le biais de sa motion, le professeur de droit pénal zurichois demandait au Conseil fédéral de compléter le Code Pénal de manière à ce que la discrimination fondée sur l’orientation devienne punissable. La motion a été repoussée par le Conseil fédéral suivi par le Conseil national. L’Organisation suisse des lesbiennes LOS et l’Organisation suisse des gais PINK CROSS déplorent l’aveuglement du Conseil fédéral et du Conseil national face à la situation que vivent les lesbiennes et les gais. Or les événements récents démontrent au contraire la nécessité d’une telle disposition. Il suffit de penser  aux déclarations insultantes du président des jeunes UDC valaisans, ou, il y a deux ans presque jour pour jours, aux affiches scandaleuses de l’UDC genevoise. On peut encore citer les récentes tentatives de sabotage de l’EuroPride qui ont même eu des répercussions tumultueuses au Grand Conseil zurichois.

En Suisse, les mensonges et les insinuations fondés sur l’orientation sexuelle ne peuvent être poursuivis que s’ils sont adressés à une personne physique ou juridique. Quand il s’agit de propos généralisants, comme nos adversaires en tiennent systématiquement, les instances judiciaires tribunaux dont cela relève ont jusqu’ici, en toute cohérence, classé les plaintes en leur refusant un fondement juridique.

LOS et PINK CROSS demandent au Conseil fédéral et au Conseil national, ainsi qu’aux partis du centre de prendre conscience de leur responsabilité qu’ils ont l’égard de la diversité de la société dans sa pluralité. Cela veut dire qu’ils doivent aborder le thème de l’orientation et de la diversité sexuelle avec le même sérieux que quand ils s’occupent d’autres parties de la société et qui va de soi..

Communiqué du 4 juin 2009

Commentaires

Bonjour,

Sait-on par combien de voix? (je n'ai pas pu trouver le détail sur parlement.ch)

Écrit par : Audrey | 04/06/2009

Les politiciens n'ont pas suffisamment pris au sérieux la démarche des gais. Traiter un gai d'amibe, c'est pareil que de dire qu'un Noir est inférieur à un Blanc, qu'il porte des tares et des maladies sur lui. C'est extrêmement grave. C'est punissable par la loi anti-raciste. Je crains que la religion agisse encore trop sur les esprits de nos politiciens. Il faut espérer que bientôt on ne regardera plus un gai, une lesbienne comme quelqu'un qui doit se faire soigner. La route est longue mais elle n'est pas bloquée. Beaucoup d'hétéros soutiennent gais et lesbiennes dans leur combat.

Écrit par : pachakmac | 04/06/2009

@ Pachakmac: D'accord globalement avec toi. Juste une nuance (de théologien doublé d'un croyant): la religion, comme bien choses qui se passent dans l'esprit humain, est capable de provoquer le meilleur et le pire. Elle peut inciter à l'amour, ou du moins au respect du prochain. Elle peut aussi encourager à ne pas obéir aux préjugés ambiants. Mais elle peut aussi servir de prétexte à des comportements peu charitables, quand ce n'est pas aveugles et obscuratistes.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 04/06/2009

Oui donc une bonne majorité quand même...et comme il n'y a pas de préjudice direct de l'Etat envers un citoyen j'imagine qu'il n'y a pas de recours possible à la CEDH...

Quoique quand on voit avec quelle peine le droit combat le sexisme, j'imagine bien que l'homophobie est encore une autre paire de manche. J'ai parfois (souvent?) vraiment honte pour mon pays.

Écrit par : Audrey | 11/06/2009

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