29/12/2008

Une sexualité mal définie ou mal assumée?

Certain quotidien matinal attribue à Roland Nef une "sexualité mal définie". En l'occurrence, il doit  plutôt vouloir faire allusion au fait de mal assumer  une composante homoérotique. Ce n'est pas la même chose. Combien sommes-nous à être pleinement attirés  par les représentants d'un seul sexe (le même ou l'autre que celui auquel nous appartenons) tout en étant parfois émus ou troublés par la vision ou la fréquentation d'une personne du sexe vers lequel notre désir n'est en principe pas orienté?

Donc, que M. Nef ait eu toutes sortes de problèmes - soit. Que ce militaire ait pu ressentir comme angoissante et anxiogène sa relation aux hommes, ou ce qu'il en pensait - soit. Que cette angoisse ait induit divers comportements problématiques - soit. Mais qu'on ne vienne pas parler de sexualité mal définie, qui est le cliché, la tarte à la crème qu'on lance à la tête des personnes qui ont la "naïveté", non pas de se vivre en silence, mais de se dire bisexuelles.

Une des leçons qu'il me semble avoir retenu de la psychanalyse enseigne que la sexualité est une composante humaine qui se laisse difficilement définir, cerner, par les intéressés. La volonté de maîtriser, de définir ce qui ne peut l'être, explique peut-être pourquoi on a plus de peine à accepter la bisexualité que l'homosexualité.

Liens:
http://www.lematin.ch/actu/suisse/passe-inquietant-roland-nef-resurgit-62687
http://www.blick.ch/news/schweiz/nefs-gaeste-mussten-die-messer-verstecken-108505

 

Commentaires

"Certain quotidien matinal attribue à Roland Nef une "sexualité mal définie"."

Ce qui est navrant, c'est l'étalage médiatique de ce type de problème.

Ce type est malade ? Il suit une thérapie protégée par le secret médical, et il nous revient guéri sans exhibitionnisme obscène !

Écrit par : Scipion | 29/12/2008

Certes, mais une fois qu'on a, hélas, décidé d'étaler, d'exhiber, qu'on le fasse au moins selon un minimum de respect de la réalité des gens et sans mélanger les niveaux. Encore une fois, la maladie ne consiste pas dans le fait d'avoir une sexualité "mal" définie, ce qui est le lot d'un grand (du plus grand?) nombre de personnes, qui n'ont pas un comportement pathologique pour autant.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 29/12/2008

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