16/12/2008

Outer n'est pas fair play

Or donc Stéphane Lambiel a été paparazzé par un quotidien alémanique, avec une reprise dans l'édition électronique d'un quotidien romand <lien>. Précédemment, il avait déjà été l'objet d'une sorte de outing sans la fourniture de preuves qui va normalement avec.

On peut être  paparazzophobe  ou paparazzophile (de salon de coiffure ou de salle d'attente - honteux, forcément honteux). On peut se délecter de tout outing boulevardisé ou  le réprouver (comme votre serviteur) au même titre que tout procédé de délation (de sinistre mémoire). Il n'empêche. On oublie généralement qu'à la base, il y a une même conviction partagée par les bourreaux et leurs victimes, à savoir que

l'orientation sexuelle, quand elle est homo,  est quelque chose de potentiellement honteux. C'est pourquoi on se doit croit légitimé voire obligé d'invoquer  le respect de la vie privée  (au même titre qu'on le ferait pour des relations extraconjugales). Ce qui est absurde et néfaste puisqu'on sait bien  que cette orientation n'est  ni une pathologie, ni une perversion.

Autrement dit: l'outing et le coming out forcé ne sont pas ma tasse de thé, ni celle des organisation de défense des gais qui se respectent. En revanche, on peut regretter que des personnes connues et qui sont homosexuelles ne le reconnaissent pas. En se cachant, elles accréditent l'idée que l'homosexualité reste quelque chose de négatif, une maladie honteuse. Bienheureux hétéros, qui, à l'instar de M. Jourdain, ne cessent de faire leur coming out d'hétéro sans le savoir quand ils évoquent leur conjoint, leur partenaire, la personne avec qui ils/elles partagent leur vie.

Commentaires

En écho à votre billet sur le "l'outing", le coming out forcé et de manière générale la vie privée, je vous invite à aller voir "MILK" de Gus Van Sant, et éventuellement à lire ma chronique sur le sujet ("Swiss MILK, ou le devoir de brasser la cage") où j'ai repris les propos de votre président. De mon point de vue, il y a une distinction à faire entre la vie privée - ce qui se passe dans votre chambre à coucher - et l'orientation sexuelle, surtout lorsqu'autant de jeunes homosexuels se suicident en partie à cause du manque de modèles, de figures auxquelles s'identifier. N'oubliez pas que dans certains cas, la vie privée comme vous la définissez peut être "l'ennemi".
Comme l'a dit Milk, "si une balle devait traverser mon cerveau, laissez-là aussi briser toutes les portes de placard".
http://chroniquesdamerique.blog.24heures.ch/archive/2008/12/08/swiss-milk-ou-le-devoir-de-brasser-la-cage.html

Écrit par : Gary DREDAM | 17/12/2008

@ Gary: je crois que nous sommes d'accord. C'est pourquoi j'ai amendé mon texte pour rendre plus évidente ma position sur la vie privée.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 17/12/2008

Les commentaires sont fermés.