26/10/2008

Apple soutient le mariage homo. Que ferait Jésus à notre place?

La société Apple a pris publiquement position en faveur du mariage pour les couples de même sexe et a fait un don de 100'000 dollars à la campagne contre l'article 8.
 
Dans un communiqué mis en ligne hier (24 octobre) sur son site principal et intitulé No on Prop 8, Apple prend publiquement position contre la Proposition 8 et annonce une donation de 100'000 dollars à la campagne en faveur du Non. La Proposition 8, sur laquelle le corps électoral californien votera le 4 novembre prochain en même temps qu'il élira le nouveau président des Etats-Unis, entend inscrire dans la Constitution californienne l'interdiction du mariage homosexuel.

Dans son communiqué,  Apple rappelle qu'elle a été parmi les premières entreprises californiennes à offrir les mêmes droits et avantages aux partenaires de même sexe de ses employé-e-s. La société croit fermement que l'orientation sexuelle d'une personne ne saurait affecter ses droits fondamentaux – y compris le droit au mariage. Pour Apple, l'enjeu se situe au niveau des droits humains, et dépasse le niveau simplement politique – raison pour laquelle elle prend position publiquement contre la Proposition 8.

Lien: http://www.apple.com/hotnews/

Que ferait Jésus à notre place? Commentaire with tongue in cheek du secrétaire romand de PINK CROSS, théologien et fondateur du Groupe C+H / Chrétien-ne-s et Homosexuel-le-s:

  1. Préliminaires: David a pleuré Jonathan en disant que l'amour de Jonathan était meilleur que l'amour des femmes (2 Samuel 1). Par ailleurs, l'amour de David pour les femmes n'a pas toujours été un succès pour la morale: il a résulté en l'assassinat du mari de Bethsabée (2 Samuel 11). Un mariage entre David & Jonathan aurait fait moins de mal. Tout au plus auraient-il tué davantage de soldat en combattant côte à côte.

  2. En dépit des spéculations sur la nature des relations entre Jésus et Marie Madeleine, en particulier dans l'Evangile selon Thomas, c'est dans un évangile canonique qu'on trouve la mention d'un disciple bien-aimé et un seul - et c'est un homme.  Ce disciple privilégié était suffisamment intime pour laisser sa tête reposer sur le sein de Jésus pendant le dernier repas (Jean 13).

  3. Autre histoire d'amour néotestamentaire entre hommes: Jésus a guéri l'esclave bien-aimé d'un centurion romain (Luc 7). A l'époque, aucun officier ne se serait soucié d'un esclave qui avait le statut d'un objet remplaçable. Sauf s'il entretenait une relation intime et amoureuse avec son serviteur, ce qui pouvait être le cas dans la société romaine. Cela choquait les Juifs, mais cela n'a pas empêché Jésus de restaurer et bénir cette relation en guérissant le partenaire mourant, sur la requête de l'autre, qui, humblement,  ne voulait pas que Jésus fasse le déplacement (l'esclave, malade, n'avait pas pu faire le ménage).

 

Jean-Paul Guisan

Commentaires

J'achète Apple, mais pas Jésus. Le qualificatif de "tongue in cheek" ne me rassure pas: on doit déjà avaler les histoires débiles du genre "Dialogue entre un ange et un prophète" dans un autre des blogs, alors que nous sommes sortis de l'école enfantine depuis longtemps, ce n'est pas pour retourner au catéchisme du dimanche.
En toute amitié.

Écrit par : Mère | 26/10/2008

Correction: je voulais dire "on doit déjà subir les histoires débiles".
Merci et bonne chance quand même.

Écrit par : Mère | 26/10/2008

L'allergie maternelle est bien compréhensible. En l'occurrence, il s'agissait de montrer comment on pouvait répondre sur leur propre terrain à certains adversaires de la Prop 8 (ou du Pacs français ou de la Loi sur le partenariat en Suisse).

C'était aussi un écho aux Conférences sur les Versets qui dérangent (que PINK CROSS a sponsorisées) qui se sont terminées en table ronde mercredi 22.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 26/10/2008

Votre question est pertinente. Elle est très intéressante car qui sait si Jésus n'était pas un brin homosexuel ?
Ce qu'en penserait Jésus, je joue mon joker ! S'il est infiniment bon, compréhensif, juste, il devrait autoriser une liaison entre personnes de même sexe. Pourquoi interdire deux hommes ou deux femmes de sympathiser, voire de s'aimer et de vivre ensemble.
Vous savez, de toute manière, comme nous vivons, je suppose que si Jésus revenait sur terre, il nous dirait peut-être que notre mode de vie est faux, que ce n'est pas ce qu'il attendait de Nous tous.
Bonne soirée les gars !

Écrit par : velen | 26/10/2008

"S'il est infiniment bon, compréhensif, juste, il devrait autoriser une liaison entre personnes de même sexe. Pourquoi interdire deux hommes ou deux femmes de sympathiser, voire de s'aimer et de vivre ensemble."

On se le demande. Et si, d'aventure, c'est, chez des adultes consentants, un père et son fils, ou une mère et sa fille, il faut être facho pour trouver à y redire. Or, Jésus n'est pas facho.

Du coup, on se demande aussi au nom de quelle morale archaïque, ce qui est admissible pour des homosexuels, ne le serait pas pour les hétérosexuels... On peut envisager de très beaux couples, et qui s'aiment - puisque c'est le seul critère pertinent - mère-fils et père-fille.

Le mauvais prétexte des risques de la consanguinité est écarté, a priori, par des contraceptifs en tous genres, et a posteriori, par la liberté d'avorter.

Dernier argument en faveur de l'inceste : comme l'homosexualité, on le rencontre fréquemment chez les animaux et en particulier chez les bonobos et les lapins, les uns et les autres préfigurant la société de demain, celle qui surmontera l'indéfendable discrimination positive adoptée en faveur des homosexuels.

A BAS L'ORDRE MORAL !

Écrit par : Cara Van Serail | 26/10/2008

Vous avez raison, c'est bien ce qu'on trouve la Bible! Les filles de Lot ont dû coucher avec leur père car il n'y avait plus personne pour leur assurer de descendance (Genèse 19). Mais avant elles, il y avait eu le précédent des premiers parents, Adam et Eve (Genèse 4 et 5). Comment l'humanité a-t-elle pu en procéder sans inceste? La question se repose après le Déluge: il ne restait qu'une famille noachique de survivants (Genèse 9-11)!

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 26/10/2008

Dans la mythologie gréco-romaine, Zeus/Jupiter est marié avec sa soeur Héra/Junon.
Parmi les mythes grecs celui d’OEdipe qui sans le savoir tue son père Laïos et épouse sa mère
Jocaste.
On remarquera que la ville mentionnée est Thèbes et l’animal un sphinx, ce qui n’est pas sans
rappeler le rôle de l’inceste en Égypte ancienne.
Théias, roi d'Assyrie est objet de passion de sa fille qui réussit à coucher avec son père qui ignore
avec qui il couche, pendant 12 nuits.
De cette union naît Adonis. (rapporté par Pseudo-Apollodore 3.14.4)
Adonis est aussi considéré fils de Cinyras, le fondateur de la ville de Paphos en Chypre, et Ovide
raconte le récit avec lui à la place de Théias. (Les Métamorphoses 10.297)
Dans la mythologie de l’Égypte antique, une grande partie des unions divines était incestueuses.
Par exemple, dans la grande Ennéade d’Héliopolis, les couples Chou-Tefnout, Geb-Nout, Osiris-Isis
et Seth-Nephtys sont tous des couples frère-soeur.
On prête à Ramsès II d’avoir eu des enfants avec au moins 2 de ses filles.
Cléopâtre a épousé successivement ses 2 frères cadets pour respecter le testament de son père (qui
stipulait que le trône revenait à son fils aîné et sa fille aînée ensemble).
Elle les a supprimés pour pouvoir gérer seule le pays.
Le mythe du frère-époux était très tenace.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 27/10/2008

Dans la mythologie de l'Egypte ancienne, on a aussi l'histoire d'oncle Seth avec son neveu Horus. Le mythe est ambigu sur la question du consentement. L'initiative a beau être du côté avunculaire, c'est en tout cas le fils d'Osiris qui s'en sort le plus mal: les dieux réunis lui reprochent d'avoir joué le rôle d'une femme. Preuve que dans bien des civilisations, certaines choses ne sont légitimes qu'entre membres de catégories inégales.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 27/10/2008

Jean-Paul Guisan,
Je me questionne également sur la position de la Bible, et de Jésus en particulier, au sujet de l'homosexualité.
Je me permets de commenter vos commentaires...

1. Préliminaires: David a pleuré Jonathan en disant que l'amour de Jonathan était meilleur que l'amour des femmes (2 Samuel 1)
>>>>>.... Ne peut-on pas penser que David parlait simplement d'une grande et forte amitié et qu'elle lui semblait moins "compliquée" que ses relations avec les femmes? Je connais beaucoup d'hommes qui pourraient dire quelque chose d'approchant...

Par ailleurs, l'amour de David pour les femmes n'a pas toujours été un succès pour la morale:
>>>>>...Et alors? Si tous les hommes dont l'amour pour les femmes n'était pas toujours un succès pour la morale (sic) étaient homosexuels, il n'y aurait plus d'hétéros!

2. En dépit des spéculations sur la nature des relations entre Jésus et Marie Madeleine, en particulier dans l'Evangile selon Thomas, c'est dans un évangile canonique qu'on trouve la mention d'un disciple bien-aimé et un seul - et c'est un homme.
>>>>...Je vous renvoie à l'amitié de David et Jonathan.

Ce disciple privilégié était suffisamment intime pour laisser sa tête reposer sur le sein de Jésus pendant le dernier repas (Jean 13).
>>>>>... Dans certaines cultures, on peut voir des hommes être bien plus libres que nous dans leurs contacts physiques (marcher en se tenant par la main, garder un bras sur l'épaule de son interlocuteur, etc) sans que personne ne fasse le moindre rapprochement avec l'homosexualité.


3. Autre histoire d'amour néotestamentaire entre hommes: Jésus a guéri l'esclave bien-aimé d'un centurion romain (Luc 7). A l'époque, aucun officier ne se serait soucié d'un esclave qui avait le statut d'un objet remplaçable. Sauf s'il entretenait une relation intime et amoureuse avec son serviteur,
>>>>>...Je vous trouve bien affirmatif sur ce point. Que pouvez-vous bien savoir de la relation entre cet officier et son serviteur? Et si c'était juste quelqu'un d'irremplaçable parce qu'excellent dans sa fonction de.... serviteur? Vous savez bien comme c'est difficile, même aujourd'hui, de trouver un bon domestique :o) ...

ce qui pouvait être le cas dans la société romaine. Cela choquait les Juifs, mais cela n'a pas empêché Jésus de restaurer et bénir cette relation en guérissant le partenaire mourant,
>>>>>...Raisonnement abusif encore une fois: Jésus aurait très bien pu guérir cet homme pour lui-même sans OBLIGATOIREMENT vouloir restaurer et bénir leur, soi-disant, relation amoureuse! Selon votre raisonnement, en guérissant un aveugle qui battrait sa femme, Jésus restaurerait-il et bénirait-il leur relation pugilistique?

Pour conclure, si c'est tout ce que vous avez comme exemples pour défendre l'homosexualité (bibliquement parlant, bien sûr), ça me paraît bien léger face aux nombreux jugements virulants et sans équivoques de l'apôtre Paul (sans parler de l'Ancien Testament!) condamnant l'homosexualité!

Écrit par : Olegna | 29/10/2008

>>>>>... Dans certaines cultures, on peut voir des hommes être bien plus libres que nous dans leurs contacts physiques (marcher en se tenant par la main, garder un bras sur l'épaule de son interlocuteur, etc) sans que personne ne fasse le moindre rapprochement avec l'homosexualité.

Il s'agit de bien faire la différence entre pédérastie et homosexualité.
La pédérastie, dans la culture grecque représentait l'amitié entre hommes, pas toujours du même âge, sans y inclure la sexualité, pour autant.

Sachant qu'avant Jésus il y a processus d'hellénisation en Israël, comme ailleurs, par ailleurs ... c'est facile de démanteler cette "énigme" ...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 30/10/2008

@ Olegna,je rappelle que mes commentaires ont été fait "with a tongue in cheek". Non, on ne doit pas solliciter les textes pour y voir ce qui n'y est pas, que ce soit par militantisme ou, pire, prosélytisme. Mais c'est frappant: quand on fait l'hypothèse de l'homosexualité chez des personnages bibliques, c'est tout de suite insupportable pour certains. Alors que des hypothèses pas mieux fondées laissent indifférent (Paul souffrant d'une maladie oculaire).

En fait, les jugement virulents et condamnant l'homosexualité ne sont pas si nombreux. Paul en exprime un dans son épître au Romains, ch.1, versets 26-27.
Mais le coeur de son message révolutionnaire et décapant n'est pas la sexualité. Lui-même pensait que le fin du monde était imminente et que les gens avaient mieux à faire de se marier et de se multiplier, sauf ceux qui brûlaient par trop de désir. Il y a deux passage où l'ignorance du sens des mots permet de l'homosexualité là où elle n'est peut-être pas. on peut voir l'homosexualité. Quant à Jésus, il ne s'est pas exprimé une seule fois sur le sujet.

Dans l'Ancien Testament, on ne trouve que deux passages condamnant (à mort)les relation homosexuelle entre hommes (dans un univers méditerranéen-macho les femmes n'avaient pas de sexualité c'est bien connu). Il s'agit du Livre du du Lévitique, chapitre 18, verset 22 et chapitre 20 versez 13. Ce livre contient une foule d'interdits qui ne dérangent plus personne. C'est étonnant qu'on redonne de l'autorité au Lévitique principalement pour une histoire de sexe.

Les approches sérieuses de la Bible autour de la question de l'homosexualité ne manquant pas. Le Groupe C+H a publié une brochure en 1993 déjà, et elle est téléchargeable sur la page web que C+H a sur le site de Dialogai

http://www.dialogai.org/categories.php?catid=45

Lors de nos conférences de 2004 et 2008, nous avons notamment invité des des théologiens (herméneutes, exégètes, pasteurs) qui nous ont donné des éléments pour approcher les versets qui dérangent, et ce, sans tomber dans le relativisme. Des références peuvent être obtenues en nous écrivant à
ch_homo@hotmail.com

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 30/10/2008

@ Victor Dumitrescu. Paradoxalement, les hommes que vous mentionnez sont plus libres de certains contacts physiques du fait que l'homosexualité est taboue. Dans les pays du nord, où l'homosexualité est admise ou tolérée, les hommes n'osent pas se toucher car ils ont peur qu'on les prennent pour des homosexuels.

Donc votre démantèlement de l'énigme est de l'ordre du vraisemblable

Fort des enseignements du prof. d'histoire de l'Antiquité Jean-Jacques Aubert ou du prof. d'exégèse Andreas Dettwiler, je complèterais votre vision de l'amour dans la Grèce antique en disant que dans cette culture, on réprouvait l'homosexualité entre des hommes adultes, et libres (c'était plus ou moins toléré, raillé, selon les villes). Pour un homme libre, un rapport sexuel n'était licite qu'avec une femme, un jeune hoemme et un esclave (des deux sexes et de tous les âges).

Dans sa République restée heureusement utopique, Platon voulait interdire l'homoérotisme entre adultes, malgré le Banquet. Le bel et riche Alcibiade qui n'avait pu "encaisser" le refus diplomatique et philosophiqement argumenté que Socrate avait opposé à ses avances était un jeune. Cet relation-là aurait été licite, et profitable sur le plan matériel que spirituel.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 31/10/2008

Vous mélangez beaucoup de choses...
En ce qui concerne David et Béthsabée, il s'agit d'un péché de David, et il n'est absolument pas certain qu'un mariage avec Jonathan aurait poussé David à partir à la guerre. De plus, vous oubliez l'exégèse et utilisez le texte afin de soutenir ce que vous voulez dire. Jésus est le fils de Dieu, il ne faut donc pas mélanger amour humain et amour divin. L'Évangile de Thomas n'est pas un Évangile, puisqu'il n'a pas été retenu dans le canon. Petit rappel, pour faire partie du canon, un texte doit avoir été accepté par la communauté.

Écrit par : onieska | 31/10/2008

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